Zoom sur l’annonce des 43 lauréats du Fonds Makers contre le Covid-19

Découvrez les 43 lauréats du Fonds Makers contre le Covid-19, qui ont été annoncés lundi 30 novembre.

France Tiers-Lieux a lancé un fonds de soutien d’urgence à destination de ceux qui apportent des solutions concrètes par le prototypage, la fabrication et la distribution de matériel médical. Le fonds « Makers contre le Covid-19 », abondé par la Fondation de France, permet de lever les menaces économiques qui pèsent sur les tiers-lieux et de faciliter l’action des collectifs de makers qui ont fait preuve d’un engagement solidaire admirable, souvent bénévolement.

43 candidatures ont été retenues, avec un montant total de soutien qui s’élève à 242 366,56€.

Portrait de quelques lauréats

Visières solidaires (National)

Visière Solidaire est un réseau national citoyen d’entraide qui a produit plus de 800 000 visières de protection en quelques mois, à destination des soignants, des acteurs de la fonction publique et de toutes les personnes en situation de vulnérabilité face au coronavirus.

Avec, au plus fort de la crise, une capacité de fabrication hebdomadaire de 100 000 visières de protection, l’association, créée par Anthony Seddiki, est un réseau regroupant 70 administrateurs en régions qui possèdent eux-mêmes leurs propres ramifications, mettant en relation des makers, fabricants bénévoles, qui disposent d’une imprimante 3D, avec des demandes formulées par des personnels de santé mais aussi des commerçants.

Née le 18 mars à partir d’un plan en open source d’une entreprise de République Tchèque qui a permis de prototyper la première visière française, Visière solidaire est considérée aujourd’hui comme « l’une des plus grosses chaînes de solidarité destinée à fabriquer du matériel de protection contre le Covid-19 ».

Aujourd’hui le mouvement mené par Anthony Seddiki continue de fabriquer des visières en France mais pas uniquement. Visière Solidaire a pour ambition d’envoyer des dizaines de milliers de visières au Pérou où l’épidémie est encore particulièrement virulente. Ils projettent également d’envoyer des visières à Madagascar, au Mali et de faire parvenir au Brésil une imprimante 3D préconfigurée qui sera capable de fabriquer 120 visières par jour après une formation en visioconférence par les makers.

Pour aller plus loin : visieresolidaire.org

Electrolab (Nanterre, Ile-de-France)

C’est suite à la demande de l’hôpital de Nanterre que les bénévoles du hackerspace Electrolab, avec l’aide des bénévoles de la Croix Rouge, ont conçu et réalisé des visières de protection distribuées auprès des soignants de l’hôpital de Nanterre, Robert Debré, la Croix Rouge ou encore l’hôpital de Montreuil.

Ils ont produit 7124 visières fabriquées pour le personnel médical, mais aussi pour les pharmaciens, les pompiers et la police. Jugeant que les essais réalisés ailleurs en imprimantes 3D étaient trop long, ils ont conçu un design en découpe laser pour accélérer la fabrication et en réduire le coût. Ils ont fait le choix du polypropylène, un plastique adaptable qui permet aux soignants de désinfecter le matériel dans un bain décontaminant. Les feuilles sont données au début du projet par les PlastiKeuses, des plasticiennes nanterriennes, qui précisent le réglage de la coupe à distance. Dès la valida7on des prototypes de visières le 30 mars, 650 visières ont été fabriquées chaque jour.

En plus de la fabrication de visières, l’Electrolab a coopéré avec l’hôpital Foch de Suresnes sur la conception en impression 3D de pousses-seringues utilisés en soins intensifs pour envoyer les médicaments en continu dans les perfusions. Les essais en laboratoire et en conditions réelles, effectués dans le centre Covid-19 d’un grand hôpital parisien, ont été satisfaisants et l’industriel chargé de la fabrication est prêt à se lancer avec le souhait de produire 1 000 pousse-seringues par semaine.

L’Electrolab est une association située à Nanterre dans les Hauts-de-Seine dont l’objet social est « la diffusion des connaissances dans le domaine des sciences et des techniques”. C’est un établissement culturel d’initiative citoyenne dont le leitmotiv est la réappropriation des technologies et des moyens industriels par le grand public.

Pour aller plus loin : electrolab.fr

Le Fablab de Jarry (Guadeloupe)

Le Fablab de Jarry en Guadeloupe a très rapidement commencé à s’impliquer en prototypant un respirateur d’urgence qui a été présenté au service d’urgence du CHU de Pointe-à-Pitre.

Ils ont également réalisé en petite série un distributeur de gel hydroalcoolique à pédale à partir de matériaux de récupération et de grande contenance. Composé d’un bidon de 5 litres de gel, d’une pompe commandée par une pédale et d’une borne (de type promo7on commerciale). Une version électrique est aussi à l’étude avec pompe électrique et un détecteur de présence des mains. L’objectif du fablab est de proposer gratuitement un distributeur de grande contenance dans les lieux où l’on soigne, afin de couvrir au maximum la demande publique qui n’est pas couverte par le gel du commerce. En outre, des visières et des ouvre-portes ont été imprimés et découpés avec les machines de l’atelier.

Les Antilles étant soumises à de nombreux déficits de matières premières et contraintes à un approvisionnement très long, exposées à des difficultés supplémentaires par rapport aux makers de la métropole, les makers de Jarry ont mis au point leur propre modèle de matériel médical avec une production composée de moins de matière plastique que celle fabriquée en métropole. Le Fablab de Jarry a été au centre des mouvements solidaires aux Antilles françaises en structurant la fabrication bénévole des makers en Guadeloupe, Martinique et Guyane. Le Fablab de Jarry est le premier hackerspace des Antilles. Créé en 2013 par des technophiles bénévoles qui aiment à expérimenter, il permet à tous les habitants de Guadeloupe de transformer et réparer des objets.

Pour aller plus loin : lefablabdejarry.com

My Human Kit (Rennes, Bretagne)

My Human Kit souhaite prototyper et fabriquer des distributeurs de gel hydroalcoolique sans contact afin qu’ils soient adaptés aux personnes à mobilité réduite, pour les installer dans la ville de Rennes.

A partir de la documentation libre notamment issu d’un projet de UBO Open Factory, le Fablab de l’Université de Brest, en utilisant des matériaux recyclés, en collaboration avec des makers bénévoles et les personnes en situation de handicap, My Human Kit réalise d’ores et déjà des prototypes de distributeurs pour personnes à mobilité réduite. Le prototype qui sera jugé le plus fonctionnel sera fabriqué en plus grand nombre et installé dans des établissements publics et culturels, en partenariat avec la ville de Rennes et le Pôle Solidarité et Citoyenneté.

Depuis 2014, l’association My Human Kit invente, fabrique et partage des solutions d’aides techniques avec des personnes en situations de handicaps dans le but d’améliorer l’autonomie, la qualité de la vie et de faire de leur problème une source de créativité. Elle invite les personnes en situation de handicap à devenir actrices de leur projet, les impliquant dans des démarches de Do It Yourself et de fabrication numérique, autour de projets fédérateurs.

L’association met en œuvre différentes actions afin de faire évoluer la perception du handicap et de la technologie. A travers ces initiatives My Human Kit démontre que la diversité et l’intelligence collective sont essentielles à une société inclusive.

Pour aller plus loin: myhumankit.org

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